Désolé Mme Yellen, il y aura bien une nouvelle crise financière

04/07/2017

 

 

  

Croient-ils à leurs propres mensonges ? Tout comme Bernanke, qui n’avait rien vu venir en 2008, Janet Yellen nous refait le coup du « tout va bien, circulez y’a rien à voir » en affirmant que les risques de crise sont quasi nuls. Pourtant, les étincelles susceptibles de mettre le feu aux poudres ne manquent pas, comme l’explique Lance Roberts dans son article publié le 29 juin 2017 sur RealInvestmentAdvice.com : 

Janet Yellen, présidente de la Federal Reserve (FED), a récemment déclaré :

« Dirais-je qu’il n’y aura plus jamais de crise financière ? Non, ce serait probablement aller trop loin. Mais je pense que la situation est bien plus sûre, j’espère qu’il n’y en aura pas de notre vivant et je pense que ce sera le cas. »

En voilà une déclaration assez osée, vu que tous ses prédécesseurs ne furent en mesure de prédire les conséquences négatives de leurs actions.

Verra-t-on une nouvelle crise de notre vivant ? Oui, c’est presque une certitude.

La crise précédente n’a pas été simplement provoquée par un actif qui a tourné au vinaigre, mais plutôt par un choc systémique provoqué par le gel des marchés du crédit lorsque Lehman Brothers a déclaré faillite. Les contreparties se sont évaporées, les banques ont fermé les robinets et le marché du crédit a cessé de fonctionner.

C’est le marché du crédit, et non des actions, qui est le carburant de l’économie.

Bien sûr, tout va bien maintenant, c’est ce que la FED nous dit avec Mme Yellen qui place une foi inébranlable en son institution, ainsi que dans les résultats récemment publiés de ses stress tests bancaires. Très curieusement, toutes les banques ont passé ces tests avec brio. Autrement dit, après nos têtes blondes, c’est au tour des banques d’être toutes récompensées, peu importe leurs mérites.

« Les résultats des tests publiés par la Federal Reserve montrent que les 34 institutions sous supervision disposent de capitaux suffisants pour résister aux 2 scénarios élaborés par le régulateur, l’un concernant une crise financière et l’autre une récession.

Dans ces scénarios, les banques testées devraient faire face à des pertes substantielles. Malgré cela, elles seraient en mesure de continuer à prêter aux entreprises et aux ménages grâce aux capitaux provisionnés par le secteur après la crise financière.

Dans le pire des scénarios, les pertes des banques sont évaluées à 493 milliards de dollars. Dans le plus favorable, à 322 milliards de dollars. »

Avec un système battant des records historiques d’endettement, et un système financier complètement interdépendant avec les marchés financiers, comment ces tests peuvent-ils évaluer un scénario du pire ?

Ils n’ont pas inclus dans leur scénario les seuls paramètres qui auraient dû être testés : un taux de chômage de 15 % ou plus, des actifs dont le prix s’effondre de 50 % ou plus et des taux de défaut de 20 % ou plus sur la dette existante devraient être les conditions de base pour tester la résistance des systèmes financiers face à un nouveau choc systémique.

Une fois de plus, la FED se base sur des postulats erronés. Elle pense que le système opérera normalement à l’occasion du pire des scénarios. Il n’y a pas que les pertes anticipées du secteur bancaire sur les crédits en défaut qui posent problème, mais aussi l’effondrement des marchés qui suivra la hausse des défauts alors que les pressions récessionnistes s’accumulent. C’est presque certain, les prêteurs fermeront les robinets du crédit à nouveau (sans parler des énormes pertes en capitalisation en raison de la baisse des cours des actions bancaires).

Voilà pourquoi Janet Yellen a tort lorsqu’elle pense qu’une autre crise financière ne peut avoir lieu.

 

Premier catalyseur : les retards de paiement et défauts

 

Nous voyons déjà les premiers signaux apparaître, alors que les impayés augmentent aussi bien sur les prêts à la consommation que commerciaux et industriels, alors que les crédits accordés baissent :

 

Bien sûr, comme nous venons de le dire, quand les retards de paiement et les défauts augmentent, la première chose que les banques ont tendance à faire est de couper le robinet. Naturellement, tandis que les banques coupent le financement des entreprises, les investissements privés commencent à ralentir, ce qui est négatif pour l’emploi et mène au ralentissement de la croissance :

Bien sûr, cela concerne également l’immobilier commercial, qui est grossièrement surévalué. Les prix ont commencé à stagner tandis que les locaux vides ne trouvent pas de bailleur.

 

Second catalyseur : l’endettement et l’automatisation

 

Il n’y a pas que le crédit bancaire qui sera la source de la prochaine crise financière. C’est aussi l’augmentation massive du crédit et du recours aux effets de levier de ces huit dernières années. Notamment au niveau des crédits étudiants, des cartes de crédit, des dettes d’entreprises et des prêts sur marge. 

« L’illusion de la liquidité a des effets secondaires dangereux. Le processus de désendettement des deux derniers cycles a débouché sur des tempêtes boursières alors que les appels de marge ont alimenté un cycle de liquidation des actifs financiers. Cette disparition de « l’effet de richesse » a pesé sur la consommation, ce qui a poussé l’économie en récession, entraînant à son tour des conséquences sur la dette des entreprises et des ménages, débouchant sur des défauts, des annulations et des faillites. »

Même un processus mineur de désendettement a un impact négatif significatif sur les marchés financiers. (…) Ce processus, une fois lancé, est difficile à stopper alors que presque tous les investisseurs suivent les mêmes stratégies. (…)

De plus, lorsque les robots algorithmiques de trading décident de faire machine arrière, on n’assiste pas à un processus lent et méthodique mais plutôt à une ruée qui ne se soucie pas du prix, des valorisations ou des fondamentaux alors que la porte de sortie est de plus en plus étroite.

Sans oublier que lorsque les cours baissent, cela déclenche des appels de marge qui accélèrent les ventes. Ce cycle forcé provoquera des écarts énormes entre le prix de l’offre et de la demande des ETF. Tandis que les investisseurs sont obligés de vendre à cause des appels de marge, l’absence d’acheteurs créera un vide débouchant sur une chute rapide des prix. (…)

 

Troisième catalyseur : les retraites

 

Enfin, un autre point qui échappe clairement à Madame Yellen dans sa quête visant à balayer les risques de crise financière, c’est la crise des retraites à 3 trillions de dollars qui est à un fifrelin de se déclarer. Durant la prochaine crise, la génération du baby-boom et ses caisses de retraite sous-financées se ruera probablement pour récupérer ses billes, ce qui pourrait précipiter l’intégralité du système dans le chaos. (…)

Alors que la plupart des Américains s’attendent à bénéficier d’un retour de 6 à 8 %, on voit que la réalité est tout autre. D’après un rapport récent de l’institution Hoover :

« Malgré l’introduction de nouveaux standards de comptabilité, la grande majorité des États et des gouvernements locaux continuent de sous-estimer le coût des retraites et de leurs engagements en tablant sur des rendements de 7 à 8 % par an. Ce rapport concerne 649 caisses de retraite locales. (…) Tandis que les contributions des services publics au système des retraites se sont élevées à 111 milliards en 2015, soit 4,9 % des revenus de ces entités publiques, le coût réel des retraites est d’environ 289 milliards, soit 12,7 % des rentrées fiscales. (…) » (…)

Lorsque le prochain marché baissier significatif se déclarera, la « crise financière » ne sera pas seulement cantonnée aux crédits auto subprime, aux crédits étudiants et à l’immobilier commercial. La véritable crise se déclarera lorsque les retraités voudront liquider leur assurance vie de peur de voir leurs allocations annulées. (…)

 

Madame Yellen se trompe à propos de la prochaine crise financière. La seule question est de savoir quand elle aura lieu et quelle sera son ampleur. »

 

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